Comme vous le savez peut-être, je suis belge.

Comme le monde entier vous avez appris que des attentats ont éventré notre belle Bruxelles.

Je n'habite pas la capitale mais le hasard a voulu que mon mari aie une réunion hier matin à Bruxelles... Pour ma part j'étais en congé et ayant des insomnies depuis des mois, j'avais pris un somnifère vers 3  h du matin pour arriver à dormir un peu. Résultat quand il s'est levé pour aller prendre son train , je dormais profondément. Ni moi, ni nos filles n'ont eu la chance de l'embrasser et lui souhaiter une bonne journée...

Quand la nouvelle est tombée, une double explosion à l'aéroport de Zaventem... Tout de suite, je lui ai proposé d'aller le rechercher à Bruxelles mais il n'a pas voulu, ni a cet instant, ni un peu plus tard quand nous avons appris l'explosion dans le métro... Il ne voulait pas me mettre en danger. Lui de son côté s'est retrouvé confiné dans le bâtiment toute la journée, en sécurité.

Notre aînée a appris les informations à 'intercours, et tout de suite, elle m'a envoyé un message "maman, ne me dis pas que papa est à Bruxelles aujourd'hui"... Je n'ai pu lui mentir... Nous avons communiqué ensemble toute la journée, se soutenant mutuellement. Essayant de ne pas craquer devant le silence de notre aimé, les réseaux étant saturés, pas moyen de lui parler, d'entendre sa voix , ou d'échanger des messages rassurants...

Je n'ai pu m'éloigner de la télé regardant le direct non-stop, craignant  pour mon peuple, avalant les horreurs, les photos, les images entendant les cris de détresse des enfants dans le métro, des interviews de rescapés, de comprendre la détresse de cette maman culpabilisant de ne rien avoir pu faire pour des enfants ensanglantés au sol alors qu'elle ne pensait qu'à sortir sa fille de l'enfer...

Je me rappelle cette conversation avec ma collègue la semaine passée, quand l'ennemi public numéro 1 , S. Abdeslam a été enfin capturé. Je lui ai dit qu'on allait le payer, qu'ils allaient vouloir le venger et que ça allait "nous pèter à la figure"... 

Les larmes ont coulé toute la journée, la nuit a été longue... J'ai mal, mal pour mon pays, mal pour mon peuple mais si nous sommes belges, nous sommes aussi citoyens du monde. Et si la Belgique est touchée, elle n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Chaque semaine apporte son lot de nouvelles horreurs perpétrées par ces fanatiques qui n'ont rien compris à la religion, qui n'ont pas du lire leur Coran, qui ne respectent rien ni personne...

J'ai mal à ma terre et je crains pour l'avenir...

Comme nous l'avons dit à nos filles hier soir, nous allons prendre la vie au jour le jour, profiter de ce que chaque jour peut nous apporter de bon et ne pas laisser passer la moindre des petites occasions de bonheur. Car on ne sait pas de quoi demain sera fait et si tout devait s'arrêter, nous ne voulons avoir de regrets...

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